Le Roquestor, le magazine du village de Roquetoire

Monument aux morts : le maire s'exprime

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« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. »

C’est la première phrase des Mémoires du général de Gaulle dont on célèbre le 40ème anniversaire de la mort. Dans quelques jours on commémorera le 120ème anniversaire de sa naissance.

Pourquoi me référer au général de Gaulle ?

Parce qu’il a dit non.

Parce qu’il a été l’homme qui un jour a dit : « Non ! Ça suffit ! Assez de lâcheté ! ».

 

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la démocratie ».

En démocratie, comment se prennent les décisions ?

Dans une commune par exemple, vous pensez vraiment que le maire convoque son conseil municipal et lui dit : « Voilà ! J’ai décidé de … !  J’ai décidé de déplacer le monument aux morts ! » Vous croyez vraiment que ça se passe comme ça ? Et bien sûr je vais le cacher au fond d’un obscur parking ! Qui peut croire ça ?

C’est ne rien connaître au fonctionnement d’un conseil municipal que de laisser entendre que le maire décide seul !

Bien sûr, nous avons évoqué certaines hypothèses. Bien sûr, l’Agence d’Urbanisme et le CAUE nous ont fait des propositions ! Très différentes, d’ailleurs !

C’est ne rien comprendre au fonctionnement d’un conseil municipal que de laisser entendre qu’une décision peut se prendre comme ça !

Qu’on peut modifier comme ça un carrefour où se croisent deux départementales ? Sans même en parler au Conseil Général ?

Qu’on peut déplacer un monument aux morts sans se soucier du financement ?

Qu’on peut engager une dépense pareille sans procéder au préalable à une mise en concurrence ?

Qu’on peut envisager de déplacer un monument aux morts sans en parler aux anciens combattants ?

 

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la presse ».

Je lis « Le Monde » depuis 42 ans.

Dans « Le Monde », les journalistes respectent certaines règles. Des règles de déontologie.

Parmi ces règles, il y a celle qui prévoit qu’on vérifie ses informations. Quand on interroge un maire sur ses intentions, on le fait sans lui tendre un piège.

J’ai annoncé lors de mon discours du 1er novembre qu’on envisageait de déplacer le monument aux morts. Combien ici l’ont entendu ?

Qui m’a entendu dire qu’on le mettrait au fond d’un parking ? Personne, parce que je ne l’ai pas dit !

Où était la presse ce jour-là ? Quelles sont ses sources ?

J’ai récité le poème d’Arthur Rimbaud : « Le dormeur du val ». C’est pas ordinaire !  Qui en a parlé ?

Tout ce qu’on a retenu, c’est l’éventualité de déplacer le monument aux morts. Une éventualité, ce n’est pas une décision, que je sache ! Et si j’en ai parlé c’était simplement pour vous informer que nous menions une réflexion sur l’aménagement du centre. Je l’ai fait par courtoisie. Depuis quand la courtoisie serait-elle condamnable ?

S’il vous plaît, qu’on respecte les mots !

Qu’on respecte le sens des mots !

Qu’on respecte les élus !

Où était la presse le 1er novembre ?

Où était la presse le 5 novembre, jour de notre dernier conseil municipal ?

Si la journaliste de l’Echo de la Lys avait été là, au Conseil Municipal où elle était invitée, elle aurait entendu mon explication. J’ai dit textuellement : « Si vous n’êtes pas d’accord pour le bouger, on ne le bougera pas ! »

 

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la première guerre mondiale».

Enfin ! Parlons-en ! Nous sommes là pour ça !

Vous le savez ici.

Je connais particulièrement bien l’histoire des conflits mondiaux du XXème siècle. Je connais très bien les conflits de la décolonisation.

Croyez-vous que je serais assez sot pour prendre les anciens combattants de front et faire fi de leur avis ?

Qui peut croire pareilles sornettes ?

Qui peut être assez sot pour avaler cela ?

J’ai eu depuis deux ans et demi des prises de position, j’ai prononcé des discours qui doivent vous rassurer sur mes opinions à ce sujet !

Nous avons fait repeindre le monument aux morts ! Quel journal en a parlé ?

« Le monument de la discorde », titre l’Echo de la Lys du 10 novembre. Qui ose un titre pareil la veille du 11 novembre ? Qui lance la polémique ?

En évoquant l’hypothèse d’un déplacement du monument aux morts, je ne voulais sûrement pas la discorde : je suis pour le débat, je suis pour la concertation !

Là, manifestement, on n’en prend pas le chemin.

Alors, s’il vous plaît, dialoguons ! Avant de juger, relisez l’Echo de la Lys. Page 13 cette fois. Compte rendu de la réunion du conseil municipal : «Lors du dernier Conseil Municipal, le maire avait rappelé que le FISAC (Fonds d’Intervention pour les Services, l’Artisanat et le Commerce) conduit avec le Pays de Saint-Omer – et grâce à un financement européen – une stratégie à l’échelle du Pays visant à favoriser les activités commerciales et artisanales. La municipalité de Roquetoire s’efforce d’avancer dans cette affaire  en harmonie avec l’élaboration du PLU et avec le projet de renforcement de la sécurité routière. Ce dossier est dans sa phase d’études. Roquetoire est candidate pour 3 opérations (micro-signalétique, salon du terroir 2011, études et travaux pour le réaménagement du cœur de village). Sur ce dernier thème, chaque conseiller municipal se vit remettre la copie des propositions du CAUE et de l’Agence d’Urbanisme. Le maire insista sur le fait que ces propositions n’engagent pas la commune. »

J’avais prévu de vous parler du général de Gaulle. Malheureusement, j’en suis empêché. Aussi me contenterai-je de vous citer les premières phrases des Mémoires de guerre :

"Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison. Ce qu'il y a en moi d'affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J'ai d'instinct l'impression que la Providence l'a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S'il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j'en éprouve la sensation d'une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n'est réellement elle-même qu'au premier rang : que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays tel qu'il est, parmi les autres, tels qu'ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur."

Voilà ! Ces quelques lignes pourraient presque s’appliquer à la situation de Roquetoire. Je voudrais juste un peu de hauteur de vue ! Que l’on dépasse les querelles mesquines et que l’on puisse discuter sereinement, sans procès d’intention ! Que l’on mette un terme à cette « absurde anomalie » !

Est-ce manquer de respect envers les morts que de songer à la sécurité des vivants ?

Je vous remercie de votre attention !