Cérémonie du 8 mai

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Le 8 mai 2011 marque le 66ème anniversaire de la victoire du 8 mai 1945.

Le 9 mai est la journée de l’Europe et l’anniversaire de la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950.

Le 10 mai enfin est le jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage.

Je voudrais y associer la journée du souvenir des victimes et des héros de la Déportation qui normalement avait lieu le 24 avril.

D’ailleurs, vous aurez remarqué que depuis le 23 avril le drapeau a flotté sans discontinuer au monument aux morts.

L’an dernier, j’avais insisté sur ces morts oubliés de la campagne de mai-juin 1940 et sur cette étrange défaite dont parlait Marc Bloch.

Aujourd’hui je voudrais revenir sur ce qu’ont découvert les armées alliées il y a 66 ans lorsque se sont ouvertes les portes des camps de concentration et sur le travail du Conseil National de la Résistance.

Là, tout-à-coup, est apparue en pleine lumière la réalité de ce qu’avait organisé le système nazi, la réalité de ce que certains dénonçaient en vain depuis des années. En vain parce que ce qu’ils criaient paraissait tellement inconcevable. Comment imaginer qu’une civilisation aussi raffinée, aussi développée que la civilisation allemande pouvait en arriver là ?

Le régime nazi était établi sur la négation des droits de l’homme. Ce régime reposait sur une sélection des humains sur des critères ethniques.

Aujourd’hui, quand j’entends parler de quotas dans le football français, quand je vois qu’on applaudit les révolutions arabes et qu’on ferme nos frontières à ceux qui fuient l’oppression, quand j’entends monter la haine de l’autre, quand je vois progresser dans les sondages la cote des gens qui tiennent ces propos, j’écoute la voix des anciens déportés qui nous recommandent d’être attentifs aux aspirations d’ouverture vers la démocratie, vers le respect des droits de l’homme.

Déposer une gerbe au monument aux morts, c’est bien !

Jouer et chanter la Marseillaise, c’est bien !

Défiler dans les rues, c’est bien !

Lancer un regard douloureux vers le passé, il faut le faire.

Mais il faut aussi rappeler que pendant les jours sombres de l’occupation nos aînés plaçaient de grands espoirs dans l’avenir.

Ces espoirs étaient portés par le Conseil Na         tional de la Résistance. Rappelons que nous devons au Conseil National de la Résistance la nationalisation de l’énergie, des assurances et des banques. Et aussi la création de la Sécurité Sociale, notamment.

Les associations de déportés et de résistants nous appellent à rester fermes sur la défense des valeurs de liberté, de démocratie, de tolérance. A ne jamais oublier que le monde se construit par la force de l’espoir et par la générosité des hommes.

Bien sûr, l’Histoire ne repasse pas les plats !

Bien sûr, la France d’aujourd’hui n’est pas la France de Vichy !

Mais quand même ! Merci à Stéphane Hessel, merci à Raymond Aubrac, merci à Edgar Morin, tous acteurs de la Résistance, tous nonagénaires, qui font le lien entre leur passé d’engagement et les luttes présentes. Le combat des résistants n’est pas terminé.

Un collectif s’est formé, baptisé « Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui » et a publié un volume qui reprend le titre et le texte du « Programme d’action de la résistance », « Les Jours heureux ». Cet ouvrage dissèque la mise à mal de l’héritage économique et social de l’après-1945.

Ce collectif nous recommande de résister.

Il faut résister :

-      Au démantèlement des services publics et de Sécurité Sociale ;

-      À l’abaissement des solidarités ;

-      À la dérive sécuritaire ;

-      À l’abandon de l’idée d’un secteur bancaire public ;

-      À la déréglementation financière ;

-      À l’asservissement de la presse au capital ;

-      À ces marchés qui veulent gouverner nos vies ;

-      À cette réforme des collectivités locales dont les conséquences financières seront considérables si elle aboutit.

Face à cette entreprise de démolition systématique, il faut imaginer des voies nouvelles et de nouvelles résistances.

Il faut résister pour préserver des valeurs fondamentales. La résistance n’appartient pas au passé. L’esprit de résistance doit nous permettre de composer un présent qui ne soit pas de soumission.

Le meilleur hommage que nous puissions rendre à nos glorieux anciens c’est celui-là : RESISTONS !!!

 

Michel Hermant