Ducasse d'octobre remise des médailles

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Le discours :

Alors, vous le savez, Roquetoire est un village rural. Rural et fier de l’être.

Justement, figurez-vous que la semaine dernière, j’étais à Monts-sur-Guesnes (Vienne) au congrès des maires ruraux. J’en fais partie. On a même relancé l’AMR 62 avec notamment Alain Tellier, maire de Quiestède, et Marc Boulnois, maire de Norrent-Fontes. La presse locale a bien voulu s’en faire l’écho récemment.

On ne fait pas ça pour avoir notre nom dans le journal. On fait ça parce que, depuis que nous sommes élus, nous nous sommes rendus compte que les communes rurales avaient des problèmes spécifiques et que ces problèmes spécifiques n’étaient pas toujours pris en compte par les associations traditionnelles ou par les pouvoirs publics.

Et les maires ruraux ont beaucoup à faire ces temps-ci.

D’abord parce qu’il existe un projet au niveau du département visant à regrouper de force les intercommunalités. Et ce projet vise surtout à regrouper les intercommunalités rurales. Au niveau du Pays de Saint-Omer, on n’a pas attendu le Préfet pour travailler ensemble. On le fait déjà pour le traitement des ordures ménagères. On l’a fait il n’y a pas si longtemps pour régler le problème des zones d’ombre en matière d’ADSL. On le fait aujourd’hui pour monter les dossiers FISAC et FEDER : c’est dans ce cadre que nous avons monté notre projet d’aménagement de la place.

On veut bien travailler ensemble. Mais on n’est pas prêt à fusionner. Du moins pas tout de suite. Et surtout pas comme ça, l’épée dans les reins. Parce qu’on se doute que les conséquences fiscales seront importantes pour notre commune : la fiscalité professionnelle à Roquetoire c’est un peu plus de 7 %. Alors que le taux pratiqué par la CASO est de 13 ou 14 %. Il faut le dire à nos élus qui auraient voulu adopter le projet du Préfet. Il faut le dire aux commerçants et aux contribuables de Roquetoire.

En outre, on ne sait pas quelles seront les conséquences financières pour la commune. On a des craintes aussi sur la gouvernance de cette nouvelle intercommunalité : que pèsera une commune rurale comme la nôtre au sein d’un conseil communautaire de 93 communes où nous n’aurons sans doute qu’un seul représentant ?

Enfin, certaines conséquences ne seront pas reprises par la nouvelle intercommunalité : l’éclairage public ou la petite enfance. Si ces activités reviennent à la commune, il faudra bien les financer …

A Monts-sur-Guesnes, il y avait M. Raffarin. Qui a parlé. Et j’ai pris des notes ! « La concentration ne règle pas les problèmes qu’elle crée ».

« A chaque fois qu’on s’éloigne de la personne, on devient brutal ».

« La ruralité est moderne ».

« Plus on s’éloigne de la ruralité, plus on est archaïque ».

A Monts-sur-Guesnes, il y avait aussi M. Jean-Pierre Bel, le nouveau président du Sénat. Qui a parlé. Et j’ai pris des notes ! Il a parlé de lame de fond de la ruralité à propos des dernières sénatoriales. Il a dit aussi que les schémas des préfets, ce n’était pas la bonne méthode, qu’on travaillait à l’envers, que les élus étaient réduits au rôle de consultés, et qu’ils devaient au contraire être les acteurs du changement. Qu’on ne peut pas passer en force sur un tel sujet.

Je disais que les élus ruraux ont beaucoup à faire pour défendre leur territoire. Ils ont beaucoup à faire aussi car une commune comme Roquetoire n’a toujours pas de document d’urbanisme.

Un tel document est indispensable.

Parce qu’aujourd’hui, le Grenelle de l’Environnement s’applique. Il est venu compléter la loi SRU de 2000. Donc, désormais, dans une commune sans document d’urbanisme, on n’a plus le droit de bâtir hors des parties urbanisées. Ce n’est pas le maire qui ne veut pas. C’est la loi. Et le maire ne vote pas la loi.

Et la loi nous dit :

-      Interdiction du mitage du paysage ;

-      Interdiction de l’étalement urbain ;

-      Interdiction de l’habitat isolé.

Ces dispositions sont renforcées par le SCOT qui s’applique à l’échelle du Pays de Saint-Omer. Et ce SCOT interdit de construire dans les hameaux. Et ce SCOT a été adopté le 8 mars 2008, huit jours avant les dernières municipales. Je ne l’ai donc pas voté.

Mon but, en élaborant un PLU, c’est de desserrer l’étreinte, de définir de nouvelles zones constructibles là où actuellement c’est impossible.  Mais bien sûr, on ne peut le faire qu’en respectant la loi. Faisons-le intelligemment même si on sait qu’on ne pourra pas faire plaisir à tout le monde.

Parce que, en ayant des maisons partout, on a généré des coûts : des kilomètres de voirie à entretenir, du ramassage scolaire à financer, de la défense-incendie à organiser.

Mais ce PLU, nous l’avons élaboré avec les services de l’Etat, et nous avons obtenu un compromis qui permettra encore de construire dans certains hameaux.

Pour en savoir plus, je vous invite à la réunion d’information qui aura lieu jeudi prochain ici même.

Mais je ne vais pas trop vous parler d’intercommunalité ni même d’urbanisme. Après tout, on est là pour remettre des médailles du Travail et pour récompenser deux musiciennes.

Et curieusement, nos trois médaillés du travail travaillent tous trois à l’imprimerie Mordacq à Aire-sur-la-Lys. Ce qui confirme le poids de l’activité économique d’Aire sur notre territoire.

A l’heure où tout le monde s’inquiète au sujet de l’avenir économique de l’Audomarois, il est bon de rappeler l’importance des petites entreprises locales. Moi, j’aime bien m’inspirer du modèle allemand qui repose sur un réseau très dense de PME. Et là je reviens un court instant sur l’urbanisme parce que notre PLU prévoit quelques zones destinées à permettre à nos entreprises locales de se développer, voire à quelques PME de s’installer. C’est-à-dire que nous nous donnons les moyens de faire en sorte que notre commune ne devienne pas une commune-dortoir. 

Médailles du travail :

Dominique Gouget, médaille d'argent,
Bernard Descamps, médaille de vermeil,
Pierre Gouget, médaille d'or.

 

Deux musiciennes ont également été mises à l'honneur :  Virginie Thorel et Elodie Meunier.

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